Historique
Détruit et rebati

L’origine du Château Malijay remonte au XIème siècle et une vieille tour, échappée à la masse des démolisseurs, en reste le témoin émouvant. Elle abrite, au niveau même de la salle basse, une petite chapelle restaurée avec beaucoup de respect, dont la voûte d’ogive repose sur des arêtes à nervures appuyées sur quatre consoles sculptées aux symboles des quatre évangélistes.Cette chapelle était sans doute dédiée à la Sainte-Croix car ce nom fut aussi attribué à l’une des fermes du domaine, les deux autres étant dénommées Saint-Louis et Saint-Charles. C’est la salle haute de ce même château, entouré de ses terres qui s’appelaient alors «Batisda de Sauverato», qu’en juillet 1314, Bertrand des Baux, prince d’Orange, rédigea son testament.

Monseigneur de Légier, en parfait accord avec son époque, entreprend simplement de faire abattre la forteresse féodale, sans doute trop massive au goût du siècle des lumières. Avec des pierres récupérées, il se lance dans la construction d’un nouveau château, celui que nous admirons aujourd’hui, vaste demeure pleine d’harmonie, avec son escalier à double pente, ses superbes grilles et rampes de fer forgé, ses vastes salons à boiseries, ses plafonds en stuc, ses trumeaux peints… tout le charme et l’élégance d’un XVIIIème raffiné.

Laissez donc, au coucher du soleil, les hautes grilles du château s’ouvrir lentement sur sa façade dorée empreinte d’équilibre… Et si le temps vous paraît suspendre un instant son vol, c’est qu’on a su à Malijay, et mieux qu’en bien d’autres lieux pourtant plus prestigieux, jeter une arche entre le passé et le présent, dans l’alliance harmonieuse du cœur et de l’esprit…